Lettre à mon héroïne
- Cécile Ama Courtois

- 17 mai
- 2 min de lecture

"Ma très chère Guilendria,
quand je t'ai rencontrée, je pensais être une femme accomplie, une adulte qui avait réussi sa vie. Mais t'écrire, dessiner tes contours à l'encre de mes mots, arpenter les sentiers ombragés de ton âme, cheminer le long de tes pensées, ligne par ligne, chapitre après chapitre, m'a fait grandir d'une manière que je ne m'étais pas imaginée. Que je n'avais pas anticipé.
Quand tu n'étais que l'esquisse d'une idée, j'étais déjà fébrile du potentiel que j'entrevoyais en toi. Je sentais que tu saurais porter haut et fièrement les valeurs, les rêves, les intentions que je souhaitais transmettre.
Mais tu as été bien au-delà. Tu en es devenue l'incarnation, l'égérie. Plus encore, le modèle !
Nous avons tellement souffert ensemble, tellement supporté, encaissé. Nous avions tellement d'espoir et de foi ! Tellement d'amour aussi, à revendre. Et nous savions, toutes les deux que l'amour est la force la plus puissante au monde, et la plus inépuisable.
Alors nous nous sommes battues, nous avons tenu, et phrase après phrase, un paragraphe après l'autre, nous avons réussi à rendre ce monde meilleur. À faire entrer la lumière dans les coins de page où s'accrochaient les ombres, le désespoir, l'abattement, la peine.
Je crois que toutes les femmes qui se sentent impuissantes, petites, fragiles, trop sensibles, insignifiantes, stupides, incapables ou pas à la hauteur, devraient te rencontrer.
Tu m'as appris que le courage n'avait rien à voir avec la force, l'intelligence ou des compétences quelconques. Le courage est une flamme qui vient de l'intérieur et que nous seuls pouvons allumer, attiser, entretenir.
Nous seuls. Comme tu l'as fait, toi.
Alors merci, ma très chère Guilendria, de m'avoir montré ce qu'être une femme veut dire. Grâce à ta ténacité, à ta bonté sans bornes, à ton cœur compatissant, droit et inébranlable, tu me donnes chaque jour la force de continuer à avancer. Tu me pousses chaque jour à devenir une meilleure version de moi-même. Tu m'inspires, me soutiens, me réconforte.
Je t'ai créée, mais tu m'as rendue vivante.
Je t'ai écrite mais c'est toi qui es venue à moi.
Tu as toute ma gratitude, et mon amour à jamais.
Que la bonté d'Esca demeure sur toi et sur les tiens,
tendrement
ton autrice."
(Guilendria d'Éteule, comtesse de Bucail, est le personnage principal de mon roman Nordie)




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